Dimanche 18 décembre… Lançons quelques paris, voulez-vous ? Je dirais qu’un bon tiers d’entre vous est en vacances. Qu’un pourcentage assez faible mais dont je fais partie peut voir de la neige tomber par la fenêtre. Qu’une bonne grosse moitié doit profiter de son dimanche pour courir après des cadeaux de Noël (je veux bien être de tout cœur avec vous, mais je n’irai pas jusqu’à compatir). Et qu’une grande majorité traîne par ici en cherchant des recettes de vacances – oserai-je dire des recettes de fêtes ?
Je ne vous ferai pas l’affront de vous redire, cette année encore, que je ne vous serai que d’une utilité très superficielle dans la quête de la dinde parfaite et de « la » méthode infaillible pour dénerver le foie gras maison. En revanche, j’adore les « recettes de vacances ». Celles qu’on prend le temps de faire parce qu’on a le temps et l’envie de les déguster en famille ou entre amis : des stollens, des biscuits de Noël, des galettes aux châtaignes et aux noix, un très, très gros gâteau au chocolat… Et des barres aux agrumes, comme ça, là, du genre qui embaument toute la maison. Vous pouvez même y mettre les agrumes que vous voulez. Tout citron, tout orange, tout mandarine ou tout pamplemousse, ou un mix, c’est comme vous voulez ! C’est les vacances (pour un tiers d’entre vous ?), la voie est libre.
Barres aux agrumes
Pour la pâte :
100 grammes de farine T65
50 grammes de sucre blond de canne
30 grammes de poudre d’amande
60 grammes de purée d’amande blanche
2 c. à soupe de flocons d’avoine
Pour la garniture :
1 citron jaune
1 mandarine
1 orange
2 œufs
100 grammes de sucre blond de canne
1 c. à café de maïzena
Préchauffer le four sur 180 °C. Huiler un moule à gâteau carré. Dans un saladier, mélanger tous les ingrédients de la pâte du bout des doigts. Ajouter un tout petit peu d’eau, juste assez pour avoir une consistance sablonneuse un peu humide. Tasser ce mélange dans le fond du moule. Enfourner pour 25mn. Laver les agrumes. Râper finement le zeste du citron et de l’orange. Verser dans le saladier et ajouter les jus des trois agrumes et les autres ingrédients de la garniture. Battre au fouet pour obtenir un mélange mousseux. Lorsque les 25 mn de cuisson de la pâte à blanc sont écoulées, verser ce mélange par-dessus et enfourner à nouveau pour 25 mn supplémentaires. Laisser refroidir. Couper en rectangles. Conserver dans une boîte en fer, au réfrigérateur.
Si chez vous aussi, les arbres des voisins, des amis et autres gens-qui-vous-veulent-du-bien croulent sous le poids de kakis King Size, ne quittez pas : j’ai ce qu’il vous faut. Parce que certes, vous allez en manger un, ou deux, ou trois, « à la coque », puis vous allez aviser les 12 kakis qui restent dans la cagette, là, sur le balcon, en vous demandant si la blettitude ne risque pas de les atteindre tous en même temps (et dans votre dos) (traîtres !). Et vous vous dites que 12 kakis « à la coque » d’un coup d’un seul, ce serait moyennement raisonnable.
Or, vous avez ouï dire que le kaki, on ne peut pas en faire grand chose, parce que cuit, ça devient « âpre » (j’adore cet adjectif, tout désuet, qu’on est toujours très fier d’utiliser à bon escient – il n’y a pas tant d’ingrédients âpres, au final – mais je divague). Mythe ou réalité ? Certes, une compote 100% kaki, il y a des chances que ça vous retapisse le palais et l’intérieur des joues avec. En réalité, il faut être beaucoup plus ambitieux que ça, et utiliser le kaki pour ce qu’il sait faire de mieux : apporter du moelleux dans les cakes, les gâteaux, les brioches… Le goût disparait. La consistance mollassonne aussi. On garde juste une douceur vanillée, et on remplace une partie de la matière grasse et du sucre des recettes habituelles par la pulpe de kakis vraiment bien mûrs (on dit « blets » – ça, c’est vilain comme adjectif, mais comme avec « âpre », le kaki a décidément ses termes bien à lui, et c’est aussi ce qui fait son charme si… saisonnier).
J’ai pêché cette recette sur un blog en anglais que j’ai découvert récemment et qui regorge de bonnes idées : Scandi Foodie. Si vous lisez l’anglais, je vous invite à aller également voir ce que la japonaise Chika a fait de ses propres kakis (une institution au Japon !) – muffins, cake, scones, sorbet… Ce gâteau est un vrai coup de cœur, à refaire sans faute.
2 gros oeufs
100 g de sucre rapadura (complet)
2 c. à soupe rases de purée d’amande blanche
300 g de farine de blé (j’ai utilisé du blé kamut)
1 c. à café bombée de poudre à lever
1 c. à café de cannelle en poudre
1 c. à café de vanille en poudre
1 petit bouchon d’extrait naturel de vanille (facultatif)
3 kakis bien mûrs
120 ml de lait végétal
120 g de cerneaux de noix
60 g d’abricots secs
Préchauffer le four à 180 °C. Battre les oeufs avec le sucre et la purée d’amande jusqu’à ce que le mélange mousse et que le sucre soit fondu. Incorporer la farine mélangée à la levure et aux épices, puis l’extrait de vanille. Prélever la pulpe des kakis et incorporer au mélange. Incorporer le lait. Une fois le mélange bien homogène, ajouter les noix bien concassées et les abricots coupés en petits dés. Verser le mélange dans un moule à cake. Cuire au four pendant 1h à 1h15 (surveiller en fin de cuisson pour éviter que le dessus ne brûle).
Après le relooking de la tarte aux poireaux, c’est celui de la tarte aux pommes qui s’imposait, isn’t it ? On a déjà pas mal discuté tarte aux pommes sur ces pages, alors venons-en simplement à la version hiver 2011-2012 : une customisation sous la forme d’un crumble (ou d’un streusel, pour être peut-être un peu plus exacte) à base d’amandes moulues maison (ou de poudre d’amande complète), de cannelle, de jus et de zeste d’orange, et de cranberries séchées. C’est un quatuor de choc, et une base de pâte à crumble que vous pourrez réutiliser très facilement : en crumble, cela va sans dire, mais aussi comme pâte à biscuits (en ajoutant 1 oeuf ou de la matière grasse).
En tout cas, la tarte aux pommes version fin 2011 fleure bon l’hiver et la comfort food qui va avec !
Tarte aux pommes et au crumble orange-cranberries
Pour 6 personnes (moule de 20 cm de diamètre)
Pâte :
160 g de farine de blé T80
20 g de poudre d’amande complète
20 g de sucre de canne blond
1/2 c. à café de cannelle en poudre
80 g de purée d’amande blanche ou 4 c. à soupe d’huile d’olive
Garniture :
6 grosses pommes type Canada
3 c. à café de cannelle en poudre
25 g de cranberries (ou autres fruits secs hachés)
1 orange
100 g de farine de blé T80
30 g de poudre d’amande complète
50 g de sucre de canne blond
2 c. à soupe (50 g) de purée d’amande blanche
Préparer la pâte en mélangeant, dans l’ordre, tous les ingrédients. Ajouter 1 ou 2 c. à soupe d’eau si nécessaire, de manière à pouvoir foncer un moule à tarte de 20 cm de diamètre (il n’est pas nécessaire de l’étaler, simplement de bien la répartir dans le fond de tarte de manière régulière. Enfourner pendant 5-8 mn à 180 °C. Pendant ce temps, peler les pommes, épépiner et couper en larges tranches. Garnir le fond de tarte, saupoudrer de cannelle (1 c. à café) et replacer dans le four pour 10 mn. Pendant ce temps, préparer le crumble. Mélanger la farine, la poudre d’amande, le sucre et la cannelle restante. Ajouter le zeste de l’orange. Sabler avec la purée d’amande. Incorporer les cranberries. Ajouter juste assez de jus d’orange pour que le mélange soit souple et malléable, sans être trop humide. Disposer ce crumble sur la tarte aux pommes et cuire 30 à 35 mn de plus, jusqu’à ce qu’il soit bien doré. Servir tiède.
Difficile de les rater sur les étals des petits marchés : c’est la saison des coings (coin-coin). Si je laisse la fabrication industrielle de pâte et de confiture à d’autres, je suis toujours contente d’hériter de 3 ou 4 jolis items pour changer des pommes et des poires. Et là, pas vraiment question d’innover : je ne sors pas du triangle infernal (compote, crumble ou tarte). C’est comme ça que c’est bon, en gros. Mais quand même, l’innovation de l’année, c’est la version Tatin : je dois dire qu’elle sort sacrément bien du lot, avec son côté miel-vanille et sa pâte presque sablée à la purée d’amande.
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Au passage…
Si vous n’avez pas pour habitude de suivre le journal télévisé de France 3 Alpes (ben alors ?), voici le lien vers un petit reportage qui vient de m’être consacré, dans ma cuisine et sous vos yeux z’ébahis (et merci encore à mes deux cobayes et néanmoins amis, Elsa et Jérémie !).
Tarte Tatin aux coings
Pour 6-8 personnes
Garniture :
3 gros coings ou 4 moyens
1 c. à soupe de miel
2 c. à soupe de sucre de canne blond
1 c. à café rase de vanille en poudre
Pâte :
160 g de farine de blé T65
2 c. à soupe de sucre de canne blond
2 c. à soupe bombées de purée d’amande blanche
Frotter les coings avec un linge ou un essuie-tout jusqu’à ce qu’ils soient brillants. Peler et couper en 4. Oter le trognon puis couper en morceaux réguliers à l’aide d’une planche à découper et d’un bon couteau. Placer dans une casserole, couvrir d’eau à hauteur et laisser cuire à frémissements pendant 10 mn. Egoutter puis napper de miel, parsemer de vanille et bien mélanger.
Dans un saladier, mélanger la farine, le sucre et 1 pincée de sel. Incorporer la purée d’amande blanche et malaxer du bout des doigts. Ajouter juste assez d’eau pour former une boule de pâte. Abaisser en un grand cercle.
Beurrer ou huiler le fond d’un moule à tarte. Saupoudrer de sucre. Disposer les tranches de coing. Couvrir du cercle de pâte en faisant rentrer les bords à l’intérieur du moule. Cuire à 180 °C pendant 40 mn. Laisser légèrement tiédir avant de démouler. Servir tiède ou froid.
Il y a quelques jours, j’ai réalisé que, mise à part la gelée de jus de fruits pour enfant de 5 ans, il n’y a pas vraiment de recette de base à l’agar-agar sur ce blog, en tout cas aucune permettant de réaliser des petites crèmes aux fruits toutes simples. Forcément, c’est le truc que je fais toutes les semaines, un peu au pif, en me disant que c’est très bon, que ça remplace avantageusement les éternels yaourts-compotes-compotes-yaourts, mais que ça ne brille pas par son originalité et que donc… Bref, dommage comme raisonnement, quand on sait que la plupart de mes lecteurs sont forcément comme moi : à l’affût de petites recettes toutes simples, rapides, customisables, et en l’occurrence de petits desserts de tous les jours qui ne pèsent ni sur la balance, ni sur l’estomac.
Alors voici « the » recette de base pour des petites crèmes dessert aux fruits, à réaliser avec ceux que vous avez sous la main (marche très bien avec prunes, abricots, rhubarbe…), en ajoutant éventuellement du sucre pour les plus acides. La purée d’amande est facultative mais apporte du moelleux. On peut éventuellement ajouter une cuillerée à café de fécule (maïs, arrow-root), que l’on délaye avec le lait froid, pour apporter encore plus de moelleux. On peut aussi choisir le lait que l’on veut, en l’occurrence celui qu’on a sous la main. C’est particulièrement bon avec les laits végétaux qui sont naturellement doux : amande, noisette, riz… Avec le lait de soja, c’est pas terrible. Ou alors celui à la vanille… Sinon, le lait de vache convient, bien entendu.
Pour la customisation : épices, fruits confits, zestes d’agrumes à choisir en harmonie avec les fruits frais. Et, pour servir : un peu de pralin, des noisettes ou des amandes grillées et concassées, des biscuits émiettés, des copeaux de chocolat, du granola… Ou rien du tout.
Crèmes dessert pomme poire à l’agar-agar
Pour 4 personnes
2 pommes (type Canada grise)
2 poires
1 c. à soupe de purée d’amande blanche (facultative)
200 ml de lait (végétal ou non)
1 c. à café rase d’agar-agar en poudre (soit un tout petit peu moins d’un sachet de 2g)
Facultatif mais super bon : zestes d’agrumes, épices (cannelle, vanille, gingembre), citron, orange ou gingembre confits, etc.
Peler les pommes et les poires. Ôter les trognons et couper en morceaux. Placer dans une casserole (avec les épices et fruits confits si on en utilise) avec un tout petit peu d’eau (2 ou 3 c. à soupe). Cuire à l’étouffée (à couvert, sur feu doux) pendant 15 mn, jusqu’à ce que les fruits commencent à se défaire. Placer dans le le bol du mixer et mixer avec la purée d’amande (facultative). Dans la casserole, verser le lait. Ajouter l’agar-agar en pluie. Tout en remuant doucement, porter à ébullition. Laisser frémir pendant environ 10 – 15 secondes, puis verser dans le mixeur et mixer avec la purée de fruits. Répartir dans des ramequins ou des petits verres. Laisser tiédir à température ambiante, puis placer au réfrigérateur pendant 2 h au moins (on peut les faire la veille, mais ne pas les conserver au-delà de 36h, sinon l’agar-agar rend un peu d’eau, ce qui ne nuit pas au goût mais altère la consistance). Servir ultra frais.
Un petit coup de pub ? Oui, j’assume. J’ai récemment craqué sur une gamme de produits hautement addictifs que vous risquez de recroiser de temps en temps sur ces pages… Alors, autant bien faire les présentations.
Si je vous dis qu’il s’agit de petits bocaux pleins de citron et de gingembre, je pense que je n’aurai pas besoin de me lancer dans de longs discours sur les raisons de cette toute récente addiction. J’ai particulièrement craqué sur un petit pot de crème de citron (confit au sel) et gingembre (contient également du vinaigre et des épices) et sur des achards de citron confit (citrons confits dans un mélange d’épices, d’huile et de vinaigre, recette traditionnelle de la Réunion et de Madagascar, jamais testée jusque là – shame on me). Du coup, un peu comme avec le miso et l’umebosis, je m’amuse à en mettre un peu partout : comme bases de vinaigrettes, de marinades, de sauces et de tartinades notamment. Le résultat change agréablement de l’ordinaire, et c’est exactement ce qu’il me fallait pour reprendre en douceur après de très longues vacances culinaires…
On trouve ces produits en bio sous la marque « Le Voyage de Mamabé » (et peut-être d’autres marques que je ne connais pas), petite entreprise qui propose en outre des recettes très inspirantes sur son site. C’est là que j’ai pioché l’idée de mélanger la crème de citron confit avec de la purée d’oléagineux ou de me servir des achards comme base de vinaigrette (d’ailleurs, j’ai déjà oublié comment je faisais la vinaigrette avant ça…).
Si vous ne trouvez pas ces produits, n’hésitez pas à les bricoler vous-même. Les citrons confits au sel sont faciles à faire ou à dégoter, suffit ensuite de les mixer finement, avec ou sans gingembre dedans.
Tofu à la crème de citron confit et au gingembre
Pour 2 personnes
250 g de tofu nature
1 c. à café de sauce de soja
1 c. à café d’huile de sésame
1 c. à café bombée de crème de citron confit au gingembre
3 c. à café de purée de noix de cajou ou d’amande blanche
2 c. à café de crème de soja liquide
Couper le tofu en petits pavés. Dans un plat allant au four, mélanger la sauce de soja et l’huile de sésame. Passer les morceaux de tofu dans ce mélange et faire rôtir au four (20 à 30 mn, le tofu doit être doré) ou à la poêle. Battre la crème de citron confit avec la purée de noix de cajou et la crème. Laisser refroidir le tofu et tartiner chaque petit pavé de crème au citron. Servir avec une salade composée ou en apéro.
Vous n’aimez pas le tofu ? Z’avez qu’à tartiner tout ça sur du pain grillé, c’est assez terrible – je dis ça, je dis rien…
Vinaigrette aux achards de citron confit
Pour 2 personnes
1 c. à café bombée d’achards de citron confit
1 c. à café de vinaigre de cidre
2 c. à soupe d’un mélange d’huile végétales (olive, germe de blé, colza, noix, sésame…)
Mélanger le tout, saler légèrement et utiliser sur une salade de crudités.
Non, ceci n’est pas une illusion d’optique. Je n’ai pas copié et collé ici l’article d’il y a trois jours en remplaçant « courgettes farcies » par « risotto ». C’est juste que j’avais effectivement encore de l’oseille et encore de la menthe sous la main, et que je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire à nouveau quelque chose, de le prendre en photo avec la magnifique lumière d’un dimanche de pluie tout pourri, et de le coller ici.
Bon, ceci dit, vous avez tout de même échappé à des muffins salés à l’oseille, à la menthe, au fromage de chèvre, à la cannelle et au gingembre confit, non pas parce que ce n’était pas terrible (c’était même plutôt pas mal – pour des muffins, s’entend), mais parce que bon, quand même… des muffins salés ? Allez, quoi… Le risotto, c’est tout de même beaucoup plus original (quoique…), et moins « vide frigo » aussi (quoique… bis).
Enfin bref, si je la partage aujourd’hui, malgré un apparent manque d’originalité dans la forme et la photo aussi pourrie que le temps, vous pensez bien que c’est vraiment parce que cette recette casse des briques. Oseille, menthe, amande blanche. Plutôt classe, non ? 100% végétal en tout cas, ce qui, pour un risotto, est suffisamment rare pour être souligné.
Risotto à l’oseille, à la menthe et à la purée d’amande
Pour 3-4 personnes
1 gros oignon
1 c. à soupe d’huile d’olive
60 cl de bouillon de légumes
250 g de riz carnarolli ou arborio
1 gros bouquet d’oseille
1 petit bouquet de menthe
1 c. à soupe bombée de purée d’amande blanche
Éplucher et émincer finement l’oignon. Faire revenir dans l’huile bien chaude. En parallèle, faire chauffer le bouillon de légumes. Lorsque l’oignon est légèrement doré, ajouter le riz et mélanger jusqu’à ce que les grains deviennent translucides. Mouiller avec une louche de bouillon. Hacher finement l’oseille et la menthe et ajouter. Continuer à mouiller le riz avec le bouillon lorsque la louche précédente a été absorbée. La cuisson dure environ 17 mn (il n’est pas forcément nécessaire d’utiliser tout le bouillon). Au moment de servir, saler et incorporer la purée d’amande. Servir bien chaud, avec éventuellement des amandes effilées ou un peu de parmesan.
Qui n’a pas eu droit à son petit panier de cerises de l’Ardèche, ou du jardin de la voisine ? Ah oui, c’est vrai, pardon – il y a peut-être des parisiens qui nous lisent. Restons donc discret sur la profusion quasi honteuse de cerises dans les jardins, les paniers, les coffres de voiture immatriculées 07 et les bureaux environnants. Ce serait vaguement indécent.
Bon, vous en êtes à votre cinquième clafoutis cette semaine ? Moi c’est le premier. D’où le fameux dilemme : noyaux or not noyaux ? Si vous les laissez, on vous accusera d’avoir voulu étouffer les enfants. Si vous les enlevez, vous passerez pour un saint, mais il y en aura toujours un pour vous dire que « c’est meilleur avec ». Mais croyez-moi, personne pour vous avouer deux vérités vraies : 1) on les laisse, parce que dénoyauter, ça fait les doigts violets (et le violet, c’est tellement 2009) et 2) on les laisse, parce que si les gamins râlent, ça en fait plus pour les autres.
Ca, c’est fait.
Parlons appareil, maintenant : il est désormais clairement établi que l’association amande-cerise est à tomber par terre, et que plus personne n’ose utiliser autre chose que du lait d’amande pour le réaliser (rassurez-moi ?). Scoop : avec de la fève tonka, c’est pas mal non plus. Mais alors par contre, c’est très, très 2008. Tellement tendance à l’époque d’ailleurs, que j’avais renoncé à y goûter, me contentant de connaître par coeur les caractéristiques de ladite fève (goût de colle-Néfertiti-de-quand-on-était-gosses, quelque part entre vanille, amande et décadence totale). Bon, j’avoue, j’ai goûté le mois dernier. Mince alors, c’est sympa, comme truc. On va essayer de ne plus y penser… Elle est donc en option dans la recette ci-dessous.
Clafoutis au lait d’amande
Pour 8 personnes
3 oeufs
50 g de purée d’amande blanche
100 g de sucre de canne blond
100 g de farine de blé T65
1/2 l de lait d’amande
En option : un peu de fève tonka râpée
500 g de cerises
Battre les oeufs avec la purée d’amande et le sucre jusqu’à ce que le mélange soit bien mousseux et homogène. Incorporer petit à petit la farine, puis le lait d’amande. Laver les cerises et disposer dans un plat à gratin. Verser l’appareil dessus. Cuire au four à 180 °C pendant 45 à 50 mn. Déguster tiède ou froid.
Je connais des filles toutes simples (traduisez, « de province ») qui, quand elles passent deux jours à la capitale, reviennent avec un it bag, quelques fringues griffées et beaucoup d’expos à raconter. J’en connais aussi qui rentrent avec le Jamie Oliver magazine, la version nippone du Elle à Table, quelques jolis bouts de tissu pour prendre des gâteaux en photo, et une botte de rhubarbe rescapée d’une séance photo.
Que voulez-vous, on a les fashion-fixettes qu’on peut. Et les monomanies, aussi. Je lancerais bien un petit jeu concours sur le mode « quels sont les 5 ingrédients fétiches de Clea ? », mais j’ai peur que ce soit décidément trop facile*. J’assume finalement assez bien mes travers, donc puisqu’on est dans la rhubarbe, restons-y. Vous avez échappé à deux versions agar-agarisées plus ou moins abouties, vous ne couperez pas au coffee cake et à une petite définition hautement conceptuelle.
Car non, le coffee cake n’est pas un gâteau au café (mais c’est bien tenté). C’est plutôt un gâteau idéal à servir avec le café - mais alors un café qui dure longtemps, genre tout l’après-midi, déborde sur le tea-time, et fait oublier que demain, c’est lundi (et puis moi j’aime bien ça finalement, les lundis – d’ailleurs il reste en général un peu de coffee cake pour le petit-dèj’). Une base de gâteau plutôt moelleuse, option légèrement sablée, avec une garniture généreuse (fruits rouges, ça doit pas être mal, ou lemon curd, ou chocolat-café…), et un truc qui fait crumble sur le dessus. Voyez le concept ?
Coffee cake à la rhubarbe, vanille et cardamome
Pour 8 personnes (moule de diamètre 20 cm)
Pour la rhubarbe :
3 gros bâtons de rhubarbe
2 c. à soupe de sucre de canne blond
Pour le moelleux :
150 g de farines complètes (j’ai opté pour un mélange maïs et sarrasin)
2 c. à café de poudre à lever
3 c. à café d’épices moulues au choix (vanille-cardamome ici, mais gingembre-cannelle c’est bien aussi)
1 oeuf
60 g de sucre de canne (complet ou blond)
2 c. à soupe bien pleines de miel liquide (toutes fleurs) (ou de mélasse, sirop d’agave…)
50 g de purée d’amande blanche
100 ml de lait de riz (ou de jus d’orange fraîchement pressé)
Pour le crumble :
50 g de farine au choix
25 g de flocons d’avoine
30 g de sucre de canne blond
Quelques pincées d’épices au choix
30 g de purée d’amande blanche
1 filet d’huile d’olive
Éplucher la rhubarbe et couper en tronçons. Cuire sur feu très doux, à couvert, avec le sucre pendant 20 mn environ. Bien égoutter et recueillir le jus (à utiliser dans une autre recette).
Préchauffer le four à 180 °C. Dans un grand saladier, mélanger les farines, la poudre à lever et les épices. Dans un autre saladier, battre l’oeuf avec le sucre, le miel et la purée d’amande. Incorporer le lait. Verser le tout dans le saladier contenant la farine et mélanger pour obtenir une pâte homogène. Verser dans un moule à manqué chemisé de papier cuisson (ou copieusement beurré et fariné). Disposer la rhubarbe par-dessus. Enfourner.
Mélanger tous les ingrédients du crumble et sabler du bout de doigts. Répartir sur le gâteau au bout de 10 mn de précuisson.
Cuire pendant 35 mn supplémentaires, soit 45 mn au total (vérifier la cuisson avec la pointe d’un couteau). Laisser tiédir avant de déguster.
* Qui a dit « le flocon d’avoine, la purée d’amande blanche, la rhubarbe, le citron et le potimarron » ? Dommage, y avait rien à gagner !