Pain aux carottes râpées et aux graines

Pour une fois, pas d’histoire à rebondissements pour le making-off de ce pain aux carottes râpées et aux petites graines. Je l’ai vu , je l’ai voulu, j’ai mis George à contribution, and voilà !

Le plus intéressant reste ce qu’on peut en faire. C’est un pain plein de saveurs et de consistances différentes en bouches : du fondant, du croustillant, du moelleux… avec un bon goût de levain. Il est passe-partout. En version sucrée, il est parfait juste tartiné de purée de noisette. Pour l’option salée, j’ai adoré le marier avec du chutney d’oignons et du fromage de chèvre ou de brebis frais, + quelques gouttes de vinaigre balsamique. Mais je crois me souvenir qu’il a terminé sa belle et courte vie dans un pudding, après trempage express dans un fond de bouillon aux herbes, avec plein de légumes verts et un appareil composé d’oeufs battus et de crème végétale. Pas mal non plus !

Pain aux carottes râpées et aux graines

Inspirée du blog 1 big bite

Pour 1 grand pain

300 ml de lait d’amande
20 g de beurre
200 g de carottes râpées
270 g de farine 5 céréales
80 g de farine de seigle
120 g de farine de blé T80
20 g de levain fermentescible ou 5g de levure de boulanger déshydratée
75 g de petites graines (pavot, lin, sésame…)
1 c. à soupe de sucre de canne blond
1 c. à soupe de sel

Tiédir le lait et le beurre dans une casserole. Au robot ou à la main, mélanger tous les autres ingrédients. Incorporer le lait et le beurre. Amalgamer et pétrir pendant 15 mn. Couvrir et laisser lever à couvert pendant 1h. Façonner sur une plaque ou placer dans un moule à cake assez large (c’est l’option que j’ai choisie). Laisser reposer à couvert pendant 30 mn. Préchauffer le four à 220 °C. Enfourner et cuire pendant 10 mn. Sortir le pain et strier le dessus. Cuire encore pendant 25 mn à 180 °C. Laisser totalement refroidir avant de découper.

Deux recettes empruntées pour les apéros printaniers

Une fois n’est pas coutume, en ce moment je prends le temps de tester les recettes des autres. A force de les parcourir dans mes favoris, j’ai fini par me laisser tenter par deux recettes qui m’avaient particulièrement tapé dans l’oeil et se sont avérées idéales pour un petit apéro dînatoire :

- Les mini-croissants façon bretzels de Loukoum. Le goût des bretzels moelleux à l’américaine, et la forme des petits croissants à la française – c’est un concept auquel j’adhère à 100%. Pas très compliqués à faire, vraiment délicieux, mais souk garanti dans la cuisine pendant la demi-heure de préparation !
A garnir, comme elle le propose, de roquette et de tomates séchées, auxquelles j’ai ajouté de la tomme de brebis crayeuse. Ou bien, avec le reste de ricotta de la recette suivante, préparer une tartinade de petits pois (100 g de petits pois, 60 g de ricotta, 2 c. à soupe de jus de citron vert, quelques herbes fraîches – menthe, coriandre, basilic – et de la fleur de sel, le tout mixé).

- Les tartines aux légumes de printemps, basilic et ricotta, de Béatrice Peltre. J’admire la facilité qu’a Bea à réaliser des petites compositions ultra fraîches, pleines d’agrumes, d’herbes et d’épices. Celle-ci est particulièrement réussie. Pour la peine, je vous offre la traduction en prime !

Tartines à la ricotta, fèves, radis, huile de basilic et saumon fumé

Pour 4 grandes tartines

2 c. à soupe d’huile d’olive
5 feuilles de basilic frais
180 g de ricotta
1 c. à soupe de ciboulette ciselée
1 c. à soupe de vinaigre d’umebosis, de cerise, de framboise ou de grenade
3 radis
2 petits poignées de fèves fraîches (dérobées)
1 grande tranche de saumon fumé (facultatif)
Fleur de sel
4 tranches de pain de campagne

Jusqu’à 3 jours avant : ébouillanter le basilic pendant 1 mn, rafraîchir et égoutter. Mixer le basilic avec l’huile, et laisser macérer au réfrigérateur.
Le jour J, mixer la ricotta avec 1 c. à soupe d’huile au basilic, la ciboulette, le vinaigre, un peu de fleur de sel et les radis. Ebouillanter les fèves pendant 1 mn, égoutter et laisser refroidir. Parsemer de fleur de sel. Tartiner le mélange à la ricotta sur le pain. Décorer de lanières de saumon fumé et de fèves. Ajouter quelques gouttes d’huile au basilic et servir frais.

Pour une version végétarienne, zappez tout simplement le saumon fumé !

 

Fougasse aux olives, graines de fenouil, mozzarella et fleur de sel

Or donc, j’ai un nouvel ami. Il s’appelle George, c’est un robot sur socle KitchenAid couleur espresso, et son seul défaut c’est qu’il ne fait pas le café (et non, je n’achèterai pas de Nespresso tant que George ne la livrera pas sur le pas de ma porte, avec les croissants) (il faudrait d’ailleurs que George s’engage aussi à venir régulièrement chercher les capsules à recycler pour les rapporter à la boutique Nespresso, parce que faire une virée en ville pour ça, franchement… mais je m’égare).

George, donc. Il est là, dans ma cuisine, et il sait faire des trucs incroyables avec son crochet pétrisseur (j’entends des rires bêtes dans la salle) (on se calme !). N’étant pas très branchée accessoires, j’avoue que j’ai transformé George (pourtant plein de promesses) en instrument monotâche : George pétrit, et puis c’est tout. Pour être plus précise, il malaxe avec un savoir-faire incroyable. Aussi longtemps que je veux. J’avoue, je suis amoureuse de George*.

La dernière fois que des amis sont passés pour l’apéro, George nous a préparé deux jolies fougasses avec l’accent du Sud : des olives, de la mozza, des graines de fenouil, et de la fleur de sel qui croque sous la dent.

La bonne nouvelle, c’est que même sans George, vous pourrez les faire chez vous : pensez à votre pire ennemi, et pétrissez, pétrissez ! Vous verrez, ça fait un bien fou, ça aussi !

 

Fougasse aux olives, graines de fenouil, mozzarella et fleur de sel

Pour 2 fougasses

500 g de farine de blé (mélange de T65 et T80)
1 sachet de levure de boulanger
6 g de sel
60 ml d’huile d’olive + un peu
300 ml d’eau
1 boule de mozzarella
1 c. à soupe de graines de fenouil
16 olives Kalamata dénoyautées
Fleur de sel

Mélanger les farines, la levure et sel. Ajouter l’huile d’olive et l’eau tiédie. Pétrir jusqu’à obtention d’une boule souple et bien homogène. Laisser reposer à couvert pendant 1h au moins. La pâte doit tripler de volume. Si votre cuisine n’est pas assez chaude, vous pouvez préchauffer le four sur 50 °C pendant 5 mn, puis placer le saladier couvert d’un torchon dans le four éteint.
Abaisser la pâte en deux rectangles de taille égale. Garnir de dés de mozzarella et d’olives dénoyautées. Replier puis donner la forme et la découpe souhaitées. Badigeonner d’huile d’olive, parsemer de graines de fenouil et de fleur de sel. Laisser reposer pendant 30 mn.
Cuire au four à 220 °C pendant 25 mn environ. Servir tiède ou froid.

* Faut dire que vu le prix qu’il m’a coûté et le nombre d’années pendant lesquelles je me suis refusé à lui succomber, j’ai intérêt à bien l’aimer !
449 euros sur Amazon, quand même…

Kitchenaid – 5ksm150ps ees – Robot sur socle 4,83l 300w espresso Artisan

Potato bread

En feuilletant le dernier Elle à Table, je suis revenue, par trois fois, à la photo d’un « potato bread » à peine sorti du four… Et il ne m’a pas fallu deux jours pour décider de faire un sort à un stock de pommes de terre un peu déprimées en les transformant en un pain croustillant dehors et moelleux dedans.

Moitié patates, moitié farine, c’est plutôt bizarre pour du pain, non ? On pourrait penser que le résultat allait être au mieux pouf-pouf, au pire estouffe, alors qu’il n’en est rien. La mie est toute légère et moelleuse. Un goût de patate ? Point du tout. Elles sont indécelables… Je garde donc cette bonne idée sous le coude pour les jours où on a besoin de pain vite fait, et des pommes de terre cuites à finir (lendemain de raclette, anyone ?).

Avec cette recette, j’ai choisi de faire deux pains. Le premier, nature, a été dégusté tiède à la sortie du four. L’autre, customisé à grands coups de graines de sésame et d’herbes de Provence, a été congelé pour un futur pas si lointain.

Potato bread

Pour 2 pains de taille moyenne ou 1 gros

500 g de pommes de terre (pesées avec leur peau)
1 cube (25 à 45g) de levure de boulanger fraîche
2 c. à soupe d’huile d’olive
420 g de farine de blé T65 + pour fariner
1 c. à café de sel fin
En option : graines de sésame, de courge, de tournesol, noix, tomates séchées, herbes de Provence…

Cuire les pommes de terre non pelées dans une casserole d’eau pendant 20 à 25 mn. Pendant la cuisson, délayer la levure avec 2 c. à soupe d’eau tiède et laisser reposer à couvert. Peler et écraser les pommes de terre en purée avec l’huile d’olive. Mélanger à la levure délayer, puis incorporer 9 cl d’eau tiède et la farine. Ajouter le sel. Mélanger grossièrement pour tout amalgamer, puis pétrir sur le plan de travail fariné. Il faut pétrir pendant 5-10 minutes environ, pour obtenir une pâte bien homogène et élastique. Pendant le pétrissage, préchauffer le four à 50 °C. Eteindre le four et placer la pâte dedans, dans un saladier, couvert d’un torchon. Laisser lever pendant 45 mn. Sortir la pâte du four (elle a doublé de volume). Pétrir rapidement et former 1 ou 2 boules. Garnir si on le souhaite de graines, tomates séchées, herbes, etc. Placer sur une plaque de cuisson et remettre dans le four tiède pour 30 mn. Inciser le dessus de chaque pain à l’aide de ciseaux. Remplir la lèchefrite d’eau et placer dans le four. Préchauffer à 180 °C. Enfourner le(s) pain(s) et cuire pendant 45 mn (2 pains) à 1h (1 gros). Laisser refroidir.

Cinnamon pumpkin rolls

Je sais, je sais : je n’en rame pas une en ce moment, et ça fait plus de 10 jours qu’il n’y a rien à manger sur ce blog. Mais il faut voir le bon côté des choses : vous vous êtes senti quasiment obligés de tous essayer la tarte Tatin aux coings, et c’était bon, pas vrai ?

En attendant, si je ne fais pas, je m’informe, sans relâche. Et je passe une bonne partie de ce temps de consultation sur les blogs américains (que les personnes qui me suivent sur Facebook me pardonnent : la plupart des liens postés sont en anglais, mais si vous ne maîtrisez pas la langue de Shakespeare vous pourrez au moins baver devant les photos !). Et en ce moment, Outre-Atlantique, il semble que deux mots résonnent un peu plus fort que les autres : pumpkin et cinnamon. Citrouille et cannelle. Deux essentiels de l’automne, qui donnent le ton (après-midi cosy au coin du feu, retour de balade en forêt, gâteau tout chaud qui sort du four, vous situez le truc ?).

Bref, à force de linker sauvagement toutes les recettes de cinnamon rolls et de pumpkin everything, je me suis laissée achever par une recette de pumpkin cinnamon rolls qui ne demandait rien de mieux que de se laisser convertir (ou adapter, en tout cas un peu plus que traduire, j’en ai peur).

Psychédélique, delicious, parfaite pour Hallo-truc. (Et réalisable sans KitchenAid, na)

Cinnamon pumpkin rolls

Pour 8 personnes

Pour la pâte :
80 ml de lait
30 g de beurre (ou autre matière grasse au choix)
150 g de purée de potimarron
1 oeuf
5 g de levure de boulanger déshydratée
300 g de farine de blé T65 (ou moitié/moitié avec de la T80)
1 c. à soupe de sucre de canne blond
1 c. à café rase de cannelle en poudre
1/2 c. à café de sel fin

Pour la garniture :
2 c. à soupe de matière grasse (beurre, purée d’amande, de noisette)
70 g de sucre de canne blond
1 c. à soupe de cannelle en poudre

Tiédir le lait avec la matière grasse. Pendant ce temps, mélanger la purée de potimarron avec l’oeuf, la farine, la levure, le sucre, la cannelle et le sel. Incorporer le lait tiède. Pétrir pendant 5 minutes, en farinant si nécessaire pour que la pâte ne colle pas. Couvrir d’un linge et laisser pousser dans un endroit tiède pendant 1h.
Abaisser au rouleau pour former un rectangle. Chauffer la matière grasse pour qu’elle soit liquide et mélanger avec le sucre et la cannelle. Etaler sur le rectangle de pâte. Rouler dans le sens de la hauteur pour obtenir un long rouleau, comme un gâteau roulé. Couper en 8 ou 9 larges tranches. Disposer dans un moule rond de 20 cm de diamètre. Il n’est pas nécessaire que les différents morceaux se touchent. Couvrir et laisser reposer pendant 30 mn. Cuire au four à 180 °C pendant 20 à 25 minutes. Laisser tiédir.

Pain de mie au pralin et à la cannelle

Il fallait bien que ce jour arrive : le jour où le KitchenAid de mon amie D. a dû gagner sa nouvelle cuisine et, par la même occasion, quitter définitivement la mienne. Après plus de 9 mois d’une cohabitation heureuse et fructueuse, qui avait débuté plutôt fraîchement (« je vais pas vraiment m’en servir de ce truc, si ? ») et se termine dans un grand déchirement (« tu veux pas rester, t’es sûr ? »).

Cohabitation basée sur l’usage d’un seul et unique ustensile, le crochet pétrisseur, celui qui remplace les mains dans la préparation des pains et des brioches. KA, de son petit nom, pendant 9 mois, n’a donc battu aucun blanc en neige ni touillé de pâte à gâteau. En revanche, il n’a pas chômé le week-end et a fait passer les pains de mie et les brioches du statut de corvée à celui de merveilles ne nécessitant plus que 10 mn d’attention (dont 5 passées à les admirer lever dans le four).

Bref, KA, meilleur ami de ma flemmitude, is gone. Avant de se quitter, lui et moi, on a fait des petits pains à hamburger (recette de Veggie) pour remplir le congèl’, et un dernier délice sucré à mi-chemin entre le pain de mie et la brioche. Vu ici, traduit, adapté, et largement approuvé. Cannelle, pralin, sucre et raisins secs. Juste pour me consoler…

Pain de mie au pralin et à la cannelle

Recette adaptée de l’anglais via All things delicious

Pour 1 grand moule à cake

1/2 cube (20 g) de levure de boulanger fraîche ou 1/2 sachet de levure sèche
240 ml de lait
400 à 450 g de farines variées donc 1/3 au moins de farine de blé blanche (T65 ou inférieur) (et aussi : T80, sarrasin, seigle, avoine…)
30 g de sucre de canne blond
60 g de beurre
1 oeuf
1 c. à café de sel fin
2 poignées de raisins secs
4 c. à soupe de cannelle en poudre
50 g de pralin (ou un mélange de noisettes moulues et sucre)
2 c. à soupe de purée de noisette (ou de beurre mou)

Chauffer le lait à 37°C. Mélanger à la fourchette avec la levure dans un grand saladier. Incorporer les farines, le sucre, le beurre coupé en copeaux, l’œuf et le sel. Pétrir au robot ou à la main jusqu’à obtention d’une pâte homogène et élastique. Abaisser en cercle sur le plan de travail fariné. Ajouter les raisins secs et 2 c. à soupe de cannelle. Rabattre la pâte et pétrir pour bien répartir les raisins secs. Former une boule et laisser lever à couvert dans un endroit tiède pendant 1h. Le pâton doit (au minimum) doubler de volume. Reprendre le pâton et abaisser en cercle. Plier en trois (comme une lettre), puis rabattre les bords sous le pliage. Replacer dans le saladier et laisser à nouveau doubler de volume pendant 1h environ. Abaisser en un rectangle de la même largeur qu’un moule à cake. Mélanger la purée de noisette avec le pralin et 2 c. à soupe de cannelle en poudre. Tartiner sur le rectangle de pâte. Rouler le pâton sur lui-même comme une bûche ou un sushi. Placer dans le moule à cake et laisser lever pendant 45 mn environ. Cuire au four préchauffé à 180 °C pendant 30 à 40 mn. Laisser refroidir.

Les trucs habituels :

- Pour faire lever une pâte à la levure, préchauffer le four sur 50 °C pendant 5 mn puis éteindre. Placer le pâton dans un saladier couvert d’un torchon, dans le four fermé.
- Pour savoir qu’une brioche est cuite, piquer un thermomètre de cuisson : elle doit être à 93 °C.

Notre palmarès, à lui et moi :

Mini burgers miel et sésame à l’avocat
Irish soda bread
Briochettes au fromage de chèvre, au thym et au miel
Hot cross buns
Brioche au pesto, amandes et pistaches
Brioche roulée au thé matcha
Brioche à la courge et aux épices
Pain de mie à la farine d’avoine

Gwyneth, la cuisine, et moi – Mini burgers miel et sésame à l’avocat

Lorsque j’ai entendu dire que Gwyneth Paltrow sortait un livre de cuisine, je me suis dit que c’était encore un coup de pub et que, en vrai, c’était rien que du chiqué. Mais un jour, ledit bouquin est arrivé dans ma boîte aux lettres, et j’ai bien été obligée de le constater : en fait, Gwyneth, c’est vraiment une fille comme vous et moi. Démonstration.

1. Gwyneth a un blog, comme (vous ? et) moi. Et elle aussi met des recettes dessus. (A ceci près que sur le blog de Gwyneth, y a pas de flux RSS. Tss, tss – Gwyneeeeeeth, faut agir, là).

2. Gwyneth est très branchée bio, comme vous et moi. Elle a même son potager. Elle explique aussi que vous avez le droit d’aller faire vos courses à l’hyper, mais que si vous allez au magasin bio à la place, votre corps vous dira merci. Nan mais c’est vrai, quoi, à la fin.

3. Gwyneth a eu sa période macrobio intégriste, et puis elle a eu des enfants, et elle s’est dit que finalement, le beurre n’était pas forcément l’ennemi n°1 (c’est les graines germées bio… non, je déconne). Tout pareil que moi, quoi (bon, OK, la macrobio en moins).

4. Gwyneth est pleine de contradictions, mais c’est pas grave : tout comme moi, elle prône le bio mais remplit son panier de cochonneries dès qu’elle entre dans une épicerie japonaise (hum, les bonito flakes qui bougent tout seuls…).

5. Gwyneth est un peu faux-cul. Elle a sous le coude des recettes pour « quand je laisse du très bon pain rassir accidentellement », alors qu’en vrai, c’est évident qu’elle l’oublie exprès pour pouvoir faire des puddings et des panzanellas. Ça me rappelle quelqu’un.

6. Gwyneth préfère dîner sans son Blackberry. Moi aussi. (Remarquez, peut-être que je changerais d’avis si j’avais un Blackberry…).

7. Gwyneth, conséquence de sa période macrobio intégriste, adore mettre du miso dans tout. Même si elle peut se douter que certains membres de sa famille doivent trouver ça vaguement pénible, à la longue, elle prétend que ses enfants aiment tellement ça qu’ils raclent le pot quand elle a le dos tourné. Moi aussi. C’est trop bon.

8. Gwyneth, comme vous et moi, est un peu une impostrice. Elle est totalement incapable de faire de la vraie pâtisserie de manière rigoureuse, parce qu’elle diminue toujours la quantité de beurre et de sucre dans la recette. Pfff.

9. Gwyneth, tout comme vous et moi, adore mettre des petites graines dans tout, au point que là encore, ça doit en devenir pénible pour son entourage. Elle préconise même un petit mélange de graines du genre infaillible, avec des baies de Goji dedans. Bon, là, je m’insurge : les baies de Goji, d’une c’est pas des graines, et puis en plus c’est la grosse arnaque (la preuve : on en trouve au comptoir des pharmacies, arrivées direct de l’Himalaya, avec leur petit bonnet et des super promos dessus).

10. Gwyneth, comme elle est nulle en pâtisserie, adore faire des crumbles aux fruits. Hum, c’est marrant, ça me rappelle quelqu’un, ça aussi…

Alors, convaincu(e)s ? Gwyneth, en fait, c’est totalement la girl-next-door. Votre cousine, votre collègue de bureau. Au point qu’on ne rêve même plus d’être comme elle, blonde, glamour, actrice, adulée et oscarisée (enfin si, un peu, quand même). Car, comme le dit si bien Gwyneth : « Avoir un foyer, cuisiner avec amour, et rassembler tout mon petit monde, c’est mon idée de la réussite ». Les Oscars, les films avec Leo, tout ça, c’est finalement très surfait. Conséquence, on est toutes un peu des Gwyneth Paltrow dans l’âme. CQFD. Ca met du baume au coeur, non ?

Bon, plaisanterie mise à part, Gwyneth a de très bonnes idées dans son gros « Carnet de recettes pour ma famille et mes amis » (plus justement intitulé, en VO, « My father’s daughter »). C’est un peu une pro de la vinaigrette, dont elle propose de multiples variantes. Des salades, des pâtes, des burgers et des crumbles, aussi. Et en fil rouge, dans ce livre, toute une compilation de recettes du monde « américanisées », comme un instantané pas inintéressant du tout de ce qu’est la cuisine américaine aujourd’hui : influences mexicaines, japonaises, espagnoles, italiennes, (et même grenobloises, car tenez-vous bien, Gwyneth détient LA recette de la « sole à la grenobloise », dont l’intitulé en lui-même vaut son pesant de beurre de cacahuètes).

Tout ça, ça m’a donné super envie de Mc&Cheese « sain », comme dit Gwyneth (qui met du mascarpone dedans – sain ne veut donc pas dire light), de cookies au beurre de cacahuètes et de veggie burgers. Or, comme il est interdit de reproduire les recettes du livre, que je suis une fille obéissante et surtout que j’avais déjà une recette sous le coude, je vous la colle ici. J’espère que Gwyneth ne m’en voudra pas trop. En même temps, ces mini burgers au miel et au sésame, avec plein d’avocat dedans et un ingrédient japonais ultime, devraient beaucoup lui plaire. Je l’ai invitée à bruncher pour dimanche, je vous tiens au courant.

Mini buns miel et sésame à l’avocat

Pour 10 à 1 2 pièces

Pour les buns :
275 g de farine de blé T65 + pour fariner
1 sachet de levure de boulanger
1 c. à café rase de sel fin
2 c. à soupe de miel toutes fleurs
60 g de beurre
10 cl de lait tiédi
2 oeufs (1 jaune + 1 entier dans les buns, 1 blanc pour dorer)
Pour la déco : graines de lin, sésame, pavot…

Pour la garniture :
1 avocat
Quelques gouttes de jus de citron
2 c. à café de purée d’umebosis
50 g de fromage de chèvre frais

Préparer les buns. Mélanger la farine avec la levure et le sel. Au robot ou à la main, incorporer le miel, le beurre en morceaux, le lait, le jaune d’œuf et l’œuf entier. Pétrir jusqu’à obtention d’une boule homogène. Placer dans le fond d’un saladier, couvrir d’un torchon et laisser reposer dans un endroit tiède pendant 1h. Diviser en 10, former des boules et disposer sur une plaque. Couvrir d’un torchon et laisser lever pendant 1h. Badigeonner de blanc d’oeuf et parsemer de graines de sésame. Cuire au four à 220 °C pendant 12 mn. Laisser tiédir.
Préparer la garniture. Écraser l’avocat avec le citron. Incorporer l’umebosis et le fromage de chèvre. Garnir les buns de préparation à l’avocat juste avant de servir.

Mon carnet de recettes pour ma famille et mes amis, Gwyneth Paltrow, Marabout, 19,90 euros.

Irish soda bread

J’ai laissé crever mon levain. Je sais je sais, c’est la honte absolue, mais que voulez-vous, c’est comme les plantes vertes, je suis incapable de m’occuper d’un truc semi-vivant qui n’a pas la décence d’attirer mon attention à heures fixes. C’est difficile à admettre, mais c’est comme ça : je suis une tueuse de plantes vertes – et de levain, donc.

[Ceci dit, aparté à l'intention de D. : la micro plante en pot que tu m'as offerte il y a déjà plus de deux semaines est toujours en vie, alors même que je m'applique consciencieusement à oublier de lui donner de l'eau - ta fleuriste avait donc raison, il existe bel et bien une plante compatible avec moi !].

Bref, j’ai plus de levain. Conséquence : je ne fais plus de pain. Jetez-moi des cailloux si vous voulez, j’assume. N’empêche que quand je vois passer une recette facile, rapide, dont le résultat parait honteusement parfait, surtout vu le faible niveau d’investissement, je me lance. Bon, c’est du pain de mie, concrètement (et à la levure* en plus), mais il est vraiment bon, surtout si on met plein de trucs dedans. Version de base : petites graines. La mienne : figues – sésame. Et plein, plein d’autres possibilités

Irish soda bread

D’après Donal Shekan

450 g de farines complètes (blé, avoine pour moi)
1 sachet de levure de boulanger déshydratée (9g)
1 c. à café de sel fin
1 c. à soupe de mélasse
450 ml d’eau tiède
8 figues séchées (ou 2 poignées de cranberries, raisins secs…)
5 c. à soupe de graines de sésame (ou amandes, noisettes, graines de lin…)
Facultatif : petits flocons d’avoine à parsemer sur le pain avant cuisson, pour le croustillant

Mélanger les farines, la levure et le sel dans un grand saladier. Délayer la mélasse dans l’eau tiède et incorporer à la farine. Mélanger à l’aide d’une cuillère en bois jusqu’à obtention d’une consistance homogène. Incorporer les figues émincées et les graines de sésame. Verser le tout dans une cocotte en fonte chemisée de papier cuisson (ou autre plat de votre choix, avec ou sans couvercle). Couvrir et laisser lever dans un endroit tiède pendant 1h. Préchauffer le four à 220 °C. Cuire pendant 45 mn. Laisser refroidir avant de démouler.

*Chers amis des bonnes pratiques en matière de nutrition, bonjour. Comme vous le savez déjà, la levure donne une fermentation alcoolique rapide, rien à voir avec la fermentation lactique – lente – donnée par un vrai levain. Résultat : elle ne neutralise pas l’acide phytique présent dans les céréales complètes et responsable de la déminéralisation.
Traduction ? Le pain au levain c’est forcément beaucoup mieux. En même temps, nobody’s perfect

Briochettes au fromage de chèvre, au thym et au miel

C’est le printemps depuis déjà un petit moment, il était donc grand temps que je me dégotte quelques recettes de saison pour les dinner parties à venir.  Oui bon allez, j’avoue : je me moquais il y a quelques années d’une certaine personne qui cuisinait toujours la même chose quand elle recevait des gens à dîner, et voilà-t-il pas que je fais pareil. C’est comme ça que j’ai servi tout l’automne et tout l’hiver quasi la même chose à tous mes invités, qui se reconnaîtront (encore que s’ils pouvaient ne pas lire ce post, ce serait peut-être mieux pour ma réputation) : velouté châtaigne-champignon, soufflé potimarron-roquefort (avec un accompagnement qui changeait à chaque fois, vous noterez la prise de risque), et je n’ose même pas avouer la nature du dessert (plus-classique-tu-meurs, allez-y, devinez !).

Notez que c’est probablement un progrès par rapport à ma tendance antérieure, qui consistait à me servir de mes invités comme cobayes, en testant sans filet des recettes à leurs risques et périls. Là, au moins, j’assure mes arrières : je suis capable de réciter la liste des courses pré-dîner et d’estimer à la minute près le temps qu’il me faudra pour le préparer. Un rien ennuyeux, mais très pratique.

Deuxième avantage : ne plus avoir à réfléchir au fameux triptyque entrée-plat-dessert qui me pose tant problème, étant donné mon incapacité à cuisiner un « plat » consistant qui ne soit pas une superposition de cinq milliard de petites choses.

Bref, il me fallait un nouveau menu. Avec des fraises, de la rh****** (j’ose même plus le dire), des salades et plein de fines herbes. J’annonce la couleur, au risque de me faire lyncher par mes prochains invités, et par ceux qui viennent d’étrenner ce nouveau menu étiqueté ‘Printemps 2011′ ? En entrée : des petites brioches salées, tièdes, garnies de fromage de chèvre, miel et thym frais, avec une salade verte aux fraises et aux pignons, et une sauce à base de miel, vinaigre de grenade et huile de graines de tournesol toastées (oui, c’est long à expliquer). Ensuite, un classique jusque là inédit chez moi : des cannelloni aux épinards et à la menthe (ceux du dernier Saveurs - ouais, la honte – mais avec des épinards frais à la place des surgelés, parce que bon, faut pas charrier non plus). Et pour finir, une pannacotta vanille-fève tonka (sur ce modèle) avec des fraises poêlées (dans du sirop de framboise), accompagnées de barres à la rh*******. Je vous passe les détails de l’apéro et p’tits trucs servis avec le café (ou la tisane, c’est selon), parce que je viens déjà de ruiner ma réputation de fille inventive qui ne cuisine jamais deux fois la même chose, donc, bon.

Et maintenant que j’ai révélé le pot aux roses, je ne vais plus oser inviter personne. Ou alors, me contenter de brunchs et de slunchs ? Tiens, ça, c’est une idée qu’elle est bonne.

Briochettes au fromage de chèvre, au thym et au miel

Pour 8 briochettes

Pour la pâte :
280 g de farine de blé T65 + pour fariner
1,5 c. à soupe de lait en poudre (lait de soja ou d’amande OK si vous préférez)
1 c. à café rase de sel fin
1,5 c. à soupe de levure de boulanger déshydratée (soit 1/2 sachet de 9g)
50 g de beurre
2 oeufs
1,5 c. à soupe d’huile d’olive
50 ml d’eau tiède

Pour la garniture :
200 g de fromage de chèvre fermier
1 filet de miel liquide
2 branches de thym frais
Pour la déco : oeuf, sumac, za’atar, thym frais…

Préparer la pâte. Mélanger tous les ingrédients secs, puis incorporer le beurre en dés. Sabler jusqu’à ce qu’il soit totalement incorporé. Ajouter le reste des ingrédients liquides et pétrir pour former une boule bien homogène et non collante (fariner si nécessaire). Laisser reposer pendant 1h au moins, sous un torchon, dans un endroit tiède (la pâte doit doubler de volume).
Diviser la pâte en 8 boules et étaler chacune au rouleau. Tartiner le centre de fromage de chèvre, ajouter un filet de miel et quelques feuilles de thym frais. Replier pour former une boule. Procéder ainsi avec les 7 autres brioches et disposer sur une plaque. Dorer à l’oeuf (facultatif), parsemer d’épices ou de thym frais. Laisser lever pendant 30 mn au moins.
Préchauffer le four à 200 °C et cuire pendant 20 à 25 mn. Servir tiède.

Note : on peut congeler les brioches restantes.
Avec de la menthe, c’est pas mal non plus.