Lorsque j’ai entendu dire que Gwyneth Paltrow sortait un livre de cuisine, je me suis dit que c’était encore un coup de pub et que, en vrai, c’était rien que du chiqué. Mais un jour, ledit bouquin est arrivé dans ma boîte aux lettres, et j’ai bien été obligée de le constater : en fait, Gwyneth, c’est vraiment une fille comme vous et moi. Démonstration.
1. Gwyneth a un blog, comme (vous ? et) moi. Et elle aussi met des recettes dessus. (A ceci près que sur le blog de Gwyneth, y a pas de flux RSS. Tss, tss – Gwyneeeeeeth, faut agir, là).
2. Gwyneth est très branchée bio, comme vous et moi. Elle a même son potager. Elle explique aussi que vous avez le droit d’aller faire vos courses à l’hyper, mais que si vous allez au magasin bio à la place, votre corps vous dira merci. Nan mais c’est vrai, quoi, à la fin.
3. Gwyneth a eu sa période macrobio intégriste, et puis elle a eu des enfants, et elle s’est dit que finalement, le beurre n’était pas forcément l’ennemi n°1 (c’est les graines germées bio… non, je déconne). Tout pareil que moi, quoi (bon, OK, la macrobio en moins).
4. Gwyneth est pleine de contradictions, mais c’est pas grave : tout comme moi, elle prône le bio mais remplit son panier de cochonneries dès qu’elle entre dans une épicerie japonaise (hum, les bonito flakes qui bougent tout seuls…).
5. Gwyneth est un peu faux-cul. Elle a sous le coude des recettes pour « quand je laisse du très bon pain rassir accidentellement », alors qu’en vrai, c’est évident qu’elle l’oublie exprès pour pouvoir faire des puddings et des panzanellas. Ça me rappelle quelqu’un.
6. Gwyneth préfère dîner sans son Blackberry. Moi aussi. (Remarquez, peut-être que je changerais d’avis si j’avais un Blackberry…).
7. Gwyneth, conséquence de sa période macrobio intégriste, adore mettre du miso dans tout. Même si elle peut se douter que certains membres de sa famille doivent trouver ça vaguement pénible, à la longue, elle prétend que ses enfants aiment tellement ça qu’ils raclent le pot quand elle a le dos tourné. Moi aussi. C’est trop bon.
8. Gwyneth, comme vous et moi, est un peu une impostrice. Elle est totalement incapable de faire de la vraie pâtisserie de manière rigoureuse, parce qu’elle diminue toujours la quantité de beurre et de sucre dans la recette. Pfff.
9. Gwyneth, tout comme vous et moi, adore mettre des petites graines dans tout, au point que là encore, ça doit en devenir pénible pour son entourage. Elle préconise même un petit mélange de graines du genre infaillible, avec des baies de Goji dedans. Bon, là, je m’insurge : les baies de Goji, d’une c’est pas des graines, et puis en plus c’est la grosse arnaque (la preuve : on en trouve au comptoir des pharmacies, arrivées direct de l’Himalaya, avec leur petit bonnet et des super promos dessus).
10. Gwyneth, comme elle est nulle en pâtisserie, adore faire des crumbles aux fruits. Hum, c’est marrant, ça me rappelle quelqu’un, ça aussi…
Alors, convaincu(e)s ? Gwyneth, en fait, c’est totalement la girl-next-door. Votre cousine, votre collègue de bureau. Au point qu’on ne rêve même plus d’être comme elle, blonde, glamour, actrice, adulée et oscarisée (enfin si, un peu, quand même). Car, comme le dit si bien Gwyneth : « Avoir un foyer, cuisiner avec amour, et rassembler tout mon petit monde, c’est mon idée de la réussite ». Les Oscars, les films avec Leo, tout ça, c’est finalement très surfait. Conséquence, on est toutes un peu des Gwyneth Paltrow dans l’âme. CQFD. Ca met du baume au coeur, non ?
Bon, plaisanterie mise à part, Gwyneth a de très bonnes idées dans son gros « Carnet de recettes pour ma famille et mes amis » (plus justement intitulé, en VO, « My father’s daughter »). C’est un peu une pro de la vinaigrette, dont elle propose de multiples variantes. Des salades, des pâtes, des burgers et des crumbles, aussi. Et en fil rouge, dans ce livre, toute une compilation de recettes du monde « américanisées », comme un instantané pas inintéressant du tout de ce qu’est la cuisine américaine aujourd’hui : influences mexicaines, japonaises, espagnoles, italiennes, (et même grenobloises, car tenez-vous bien, Gwyneth détient LA recette de la « sole à la grenobloise », dont l’intitulé en lui-même vaut son pesant de beurre de cacahuètes).
Tout ça, ça m’a donné super envie de Mc&Cheese « sain », comme dit Gwyneth (qui met du mascarpone dedans – sain ne veut donc pas dire light), de cookies au beurre de cacahuètes et de veggie burgers. Or, comme il est interdit de reproduire les recettes du livre, que je suis une fille obéissante et surtout que j’avais déjà une recette sous le coude, je vous la colle ici. J’espère que Gwyneth ne m’en voudra pas trop. En même temps, ces mini burgers au miel et au sésame, avec plein d’avocat dedans et un ingrédient japonais ultime, devraient beaucoup lui plaire. Je l’ai invitée à bruncher pour dimanche, je vous tiens au courant.
Mini buns miel et sésame à l’avocat
Pour 10 à 1 2 pièces
Pour les buns :
275 g de farine de blé T65 + pour fariner
1 sachet de levure de boulanger
1 c. à café rase de sel fin
2 c. à soupe de miel toutes fleurs
60 g de beurre
10 cl de lait tiédi
2 oeufs (1 jaune + 1 entier dans les buns, 1 blanc pour dorer)
Pour la déco : graines de lin, sésame, pavot…
Pour la garniture :
1 avocat
Quelques gouttes de jus de citron
2 c. à café de purée d’umebosis
50 g de fromage de chèvre frais
Préparer les buns. Mélanger la farine avec la levure et le sel. Au robot ou à la main, incorporer le miel, le beurre en morceaux, le lait, le jaune d’œuf et l’œuf entier. Pétrir jusqu’à obtention d’une boule homogène. Placer dans le fond d’un saladier, couvrir d’un torchon et laisser reposer dans un endroit tiède pendant 1h. Diviser en 10, former des boules et disposer sur une plaque. Couvrir d’un torchon et laisser lever pendant 1h. Badigeonner de blanc d’oeuf et parsemer de graines de sésame. Cuire au four à 220 °C pendant 12 mn. Laisser tiédir.
Préparer la garniture. Écraser l’avocat avec le citron. Incorporer l’umebosis et le fromage de chèvre. Garnir les buns de préparation à l’avocat juste avant de servir.
J’ai laissé crever mon levain. Je sais je sais, c’est la honte absolue, mais que voulez-vous, c’est comme les plantes vertes, je suis incapable de m’occuper d’un truc semi-vivant qui n’a pas la décence d’attirer mon attention à heures fixes. C’est difficile à admettre, mais c’est comme ça : je suis une tueuse de plantes vertes – et de levain, donc.
[Ceci dit, aparté à l'intention de D. : la micro plante en pot que tu m'as offerte il y a déjà plus de deux semaines est toujours en vie, alors même que je m'applique consciencieusement à oublier de lui donner de l'eau - ta fleuriste avait donc raison, il existe bel et bien une plante compatible avec moi !].
Bref, j’ai plus de levain. Conséquence : je ne fais plus de pain. Jetez-moi des cailloux si vous voulez, j’assume. N’empêche que quand je vois passer une recette facile, rapide, dont le résultat parait honteusement parfait, surtout vu le faible niveau d’investissement, je me lance. Bon, c’est du pain de mie, concrètement (et à la levure* en plus), mais il est vraiment bon, surtout si on met plein de trucs dedans. Version de base : petites graines. La mienne : figues – sésame. Et plein, plein d’autres possibilités…
Irish soda bread
D’après Donal Shekan
450 g de farines complètes (blé, avoine pour moi)
1 sachet de levure de boulanger déshydratée (9g)
1 c. à café de sel fin
1 c. à soupe de mélasse
450 ml d’eau tiède
8 figues séchées (ou 2 poignées de cranberries, raisins secs…)
5 c. à soupe de graines de sésame (ou amandes, noisettes, graines de lin…)
Facultatif : petits flocons d’avoine à parsemer sur le pain avant cuisson, pour le croustillant
Mélanger les farines, la levure et le sel dans un grand saladier. Délayer la mélasse dans l’eau tiède et incorporer à la farine. Mélanger à l’aide d’une cuillère en bois jusqu’à obtention d’une consistance homogène. Incorporer les figues émincées et les graines de sésame. Verser le tout dans une cocotte en fonte chemisée de papier cuisson (ou autre plat de votre choix, avec ou sans couvercle). Couvrir et laisser lever dans un endroit tiède pendant 1h. Préchauffer le four à 220 °C. Cuire pendant 45 mn. Laisser refroidir avant de démouler.
*Chers amis des bonnes pratiques en matière de nutrition, bonjour. Comme vous le savez déjà, la levure donne une fermentation alcoolique rapide, rien à voir avec la fermentation lactique – lente – donnée par un vrai levain. Résultat : elle ne neutralise pas l’acide phytique présent dans les céréales complètes et responsable de la déminéralisation.
Traduction ? Le pain au levain c’est forcément beaucoup mieux. En même temps, nobody’s perfect…
C’est le printemps depuis déjà un petit moment, il était donc grand temps que je me dégotte quelques recettes de saison pour les dinner parties à venir. Oui bon allez, j’avoue : je me moquais il y a quelques années d’une certaine personne qui cuisinait toujours la même chose quand elle recevait des gens à dîner, et voilà-t-il pas que je fais pareil. C’est comme ça que j’ai servi tout l’automne et tout l’hiver quasi la même chose à tous mes invités, qui se reconnaîtront (encore que s’ils pouvaient ne pas lire ce post, ce serait peut-être mieux pour ma réputation) : velouté châtaigne-champignon, soufflé potimarron-roquefort (avec un accompagnement qui changeait à chaque fois, vous noterez la prise de risque), et je n’ose même pas avouer la nature du dessert (plus-classique-tu-meurs, allez-y, devinez !).
Notez que c’est probablement un progrès par rapport à ma tendance antérieure, qui consistait à me servir de mes invités comme cobayes, en testant sans filet des recettes à leurs risques et périls. Là, au moins, j’assure mes arrières : je suis capable de réciter la liste des courses pré-dîner et d’estimer à la minute près le temps qu’il me faudra pour le préparer. Un rien ennuyeux, mais très pratique.
Deuxième avantage : ne plus avoir à réfléchir au fameux triptyque entrée-plat-dessert qui me pose tant problème, étant donné mon incapacité à cuisiner un « plat » consistant qui ne soit pas une superposition de cinq milliard de petites choses.
Bref, il me fallait un nouveau menu. Avec des fraises, de la rh****** (j’ose même plus le dire), des salades et plein de fines herbes. J’annonce la couleur, au risque de me faire lyncher par mes prochains invités, et par ceux qui viennent d’étrenner ce nouveau menu étiqueté ‘Printemps 2011′ ? En entrée : des petites brioches salées, tièdes, garnies de fromage de chèvre, miel et thym frais, avec une salade verte aux fraises et aux pignons, et une sauce à base de miel, vinaigre de grenade et huile de graines de tournesol toastées (oui, c’est long à expliquer). Ensuite, un classique jusque là inédit chez moi : des cannelloni aux épinards et à la menthe (ceux du dernier Saveurs - ouais, la honte – mais avec des épinards frais à la place des surgelés, parce que bon, faut pas charrier non plus). Et pour finir, une pannacotta vanille-fève tonka (sur ce modèle) avec des fraises poêlées (dans du sirop de framboise), accompagnées de barres à la rh*******. Je vous passe les détails de l’apéro et p’tits trucs servis avec le café (ou la tisane, c’est selon), parce que je viens déjà de ruiner ma réputation de fille inventive qui ne cuisine jamais deux fois la même chose, donc, bon.
Et maintenant que j’ai révélé le pot aux roses, je ne vais plus oser inviter personne. Ou alors, me contenter de brunchs et de slunchs ? Tiens, ça, c’est une idée qu’elle est bonne.
Briochettes au fromage de chèvre, au thym et au miel
Pour 8 briochettes
Pour la pâte :
280 g de farine de blé T65 + pour fariner
1,5 c. à soupe de lait en poudre (lait de soja ou d’amande OK si vous préférez)
1 c. à café rase de sel fin
1,5 c. à soupe de levure de boulanger déshydratée (soit 1/2 sachet de 9g)
50 g de beurre
2 oeufs
1,5 c. à soupe d’huile d’olive
50 ml d’eau tiède
Pour la garniture :
200 g de fromage de chèvre fermier
1 filet de miel liquide
2 branches de thym frais
Pour la déco : oeuf, sumac, za’atar, thym frais…
Préparer la pâte. Mélanger tous les ingrédients secs, puis incorporer le beurre en dés. Sabler jusqu’à ce qu’il soit totalement incorporé. Ajouter le reste des ingrédients liquides et pétrir pour former une boule bien homogène et non collante (fariner si nécessaire). Laisser reposer pendant 1h au moins, sous un torchon, dans un endroit tiède (la pâte doit doubler de volume).
Diviser la pâte en 8 boules et étaler chacune au rouleau. Tartiner le centre de fromage de chèvre, ajouter un filet de miel et quelques feuilles de thym frais. Replier pour former une boule. Procéder ainsi avec les 7 autres brioches et disposer sur une plaque. Dorer à l’oeuf (facultatif), parsemer d’épices ou de thym frais. Laisser lever pendant 30 mn au moins.
Préchauffer le four à 200 °C et cuire pendant 20 à 25 mn. Servir tiède.
Note : on peut congeler les brioches restantes.
Avec de la menthe, c’est pas mal non plus.
Comme c’est Pâques, je vous ai préparé une bonne petite recette de gigot.
Nan, c’est pas vrai.
En revanche, comme c’est Pâques, mon regard a pour la n-ième fois rencontré une recette de hot cross buns (petits pains britanniques traditionnellement servis pendant les fêtes de Pâques, pour ceux qui oseraient encore l’ignorer), et cette fois-ci, comme c’était Jamie Oliver qui me la proposait, et que Jamie n’a pas tendance à y aller mollo quand il veut convaincre de l’intérêt de quelque chose, j’ai cédé à la tentation*. Mais attention, uniquement pour ne pas avoir à y repenser l’année prochaine. Et pour que Jamie arrête enfin de me supplier avec son regard n°12. Pas du tout parce que ces petits pains briochés, bien garnis, moelleux et légèrement spicy, sont un peu à tomber par terre, surtout dégustés tièdes, à la sortie du four, avec une copine passée vérifier si je prenais bien soin de son KitchenAid (la réponse est oui – tu peux même me le laisser plus longtemps que prévu, si tu veux, D. !).
Hot cross buns : check.
Promis, je repenserai au gigot pour l’année prochaine.
Hot cross buns
Recette adaptée du Jamie Oliver Magazine
Pour 12 buns
Pour la pâte :
1 sachet de 7 à 9 g de levure de boulanger déshydratée
1 c. à soupe de sucre de canne blond
150 ml d’eau légèrement tiédie
400 g de farine de blé T65 + pour fariner
40 g de sucre de canne blond
2 c. à café d’épices au choix (ici : cannelle, gingembre, cardamome, anis vert)
Le zeste d’1 orange
120 g de fruits secs et confits hachés : cranberries, raisins, gingembre, orange, citron…
50 g de beurre
40 ml de lait
1 oeuf
Pour les croix :
100 g de farine de blé T80
50 m d’eau
Pour le glaçage :
1 oeuf
Le jus d’1 orange
2 c. à soupe de sucre de canne blond
Placer la levure, 1 c. à soupe de sucre et l’eau dans un saladier (ou le bol du robot pétrisseur). Mélanger. Laisser reposer pendant 5 mn. Ajouter la farine, le sucre et les épices. Bien amalgamer le tout. Ajouter les fruits secs et confits, le zeste d’orange, le lait chaud, le beurre fondu et l’oeuf. Pétrir pendant 5 mn pour obtenir une belle boule de pâte bien homogène. Ne pas hésiter à fariner. Laisser reposer à couvert pendant 1 h**. La pâte doit doubler de volume. Diviser en 12 portions et former des boules de taille égale. Disposer sur la plaque du four, couvrir et laisser lever pendant 45 mn.
Mélanger la farine et l’eau pour obtenir une sorte de pâte brisée. Diviser en 2, puis chaque moitié en 6, et chaque petit bout en 2, pour obtenir 24 morceaux. Rouler pour obtenir des boudins.
Préchauffer le four à 220 °C. Badigeonner les buns d’oeuf battu. Disposer les boudins de pâte par-dessus pour former une croix. Dorer à nouveau à l’oeuf. Cuire au four pendant 15 mn.
Faire chauffer le jus d’orange et les 2 c. à soupe de sucre jusqu’à légère ébullition. Glacer les buns avec ce mélange dès la sortie du four. Déguster tiède, ou ne pas hésiter à les toaster les jours suivants.
* Je sais, j’avais dit que je ne cèderais jamais. On a le droit de changer d’avis. Non ? Ben si.
** La bonne vieille méthode : four préchauffé à 50 °C pendant 5 mn, puis éteint. Pensez bien à couvrir le saladier ou la plaque d’un torchon.
Nouvelle venue dans mes lunch-boxes : la brioche salée. Pas la brioche-repas copieusement garnie et délicieuse chaude (aux blettes, aux fruits de mer, au chou rouge, au saumon et petits légumes…), mais une version simplifiée, plus pratique à grignoter sur le pouce. Pour la garniture, tout est bon, et en particulier les restes de tartinades qui supportent la cuisson (tapenade d’olives ou de tomates séchées, pesto maison ou non, rillettes de thon ou sardines, houmous), assorties de fruits secs ou de fromage frais.
Ah oui, j’oubliais : c’est une brioche sans œufs, ni beurre, ni lait… A bon entendeur…
Brioche au pesto, amandes et pistaches
125 ml de lait végétal
60 ml d’huile d’olive
235 g de farine de blé T65
9 g (1 sachet) de levure de boulanger déshydratée
1 c. à café de sel
3 c. à soupe de pesto
1 poignée d’amandes et pistaches
Faire tiédir le lait. Pétrir longuement avec l’huile, la farine et la levure. Incorporer le sel et pétrir encore. La pâte doit être souple et bien homogène. Couvrir d’un torchon et laisser reposer pendant 1h dans un endroit tiède (le four préchauffé à 50 °C pendant 5 mn puis éteint est l’endroit idéal). Abaisser avec les mains pour former un rectangle de 30×20 environ. Etaler le pesto sur toute la surface. Ajouter les amandes et les pistaches. Rouler comme un sushi (ou un gâteau roulé). Tordre le rouleau sur lui-même 4 fois pour le raccourcir. Replacer pour 1h dans un endroit tiède (sous un torchon). Préchauffer le four à 180 °C. Cuire pendant 30 mn environ.
Je comprends mieux pourquoi mon amie D., celle qui m’a prêté son KitchenAid, l’utilisait principalement pour faire des brioches. Avec ce truc, une brioche, ça prend une demi-heure, et on ne se salit même pas les doigts. Avant, quand je me lançais dans ma confection annuelle de brioche à l’anis pour l’Épiphanie, j’y laissais généralement un batteur-pas-fait-pour-ça, et j’étais bonne pour avoir un plan de travail beurré pour la semaine (et pour refaire ma manucure, si j’en avais eu une). Sans compter que ça me prenait une demi-journée, à grands renforts de bouillotte. Tout ça, tout ça.
Hier, j’ai fait trois brioches en 30 minutes avec ce TrucLà. Blasée, j’étais.
Heureusement qu’il va falloir qu’un jour je le lui rende, ça me réapprendra les vraies valeurs du pétrissage et de la pâte beurrée qui colle au batteur. Genre, une brioche, ça se mérite.
Bref, KitchenAid or not, chez vous, ce sera quoi le programme de la galette, cette année ? Ici, les indémodables brioches à l’anis sont prêtes et congelées, et la galette feuilletée attend son heure (amande et pistache cette année, avec peut-être un peu de poire dedans). Mais comme il fallait un truc qui change, les hostilités ont commencé avec cette sioupeeeerbe brioche roulée au thé matcha, façon chinois (un chinois japonais, huhu… Ah oui, au fait : bonne année !).
Brioche roulée au thé matcha
Pour 8-10 personnes
20 grammes de levure de boulanger fraîche
4 œufs
475 grammes + 2 c. à soupe de farine de blé T65
80 grammes de sucre de canne blond + pour saupoudrer
6 grammes de sel
175 grammes de beurre doux (sorti du réfrigérateur 1 h avant)
3 c. à café de thé matcha
Œuf ou lait pour dorer
Ecraser la levure dans un bol et ajouter 1/2 verre d’eau tiède et 2 c. à soupe de farine, tout en délayant. Laisser reposer pendant 5 mn. Mélanger les oeufs avec la farine, le sucre et le sel. Pétrir tout en ajoutant le beurre, et jusqu’à ce que la pâte soit parfaitement homogène. Prélever une grosse moitié du mélange et placer dans un saladier. Fariner légèrement la pâte restante et ajouter le thé matcha. Pétrir jusqu’à ce que la pâte soit bien verte. Placer dans un autre saladier. Couvrir les deux saladier d’un torchon et laisser lever dans un endroit tiède pendant 2 h. Rabattre les pâtons pour former des boules, filmer au contact, ajouter un torchon sur chaque saladier et placer au réfrigérateur pour 10 à 12 h. Sortir du réfrigérateur et étaler chaque pâte sur une épaisseur de 5 mm en formant un grand rectangle. Placer le rectangle de pâte au thé matcha sur la pâte nature et rouler pour former un boudin. Couper le boudin en 6 portions. Placer les portions côte à côte dans un moule rond de 20 cm de diamètre. Il est inutile qu’elles se touchent. Le côté spiralé doit être visible. Couvrir d’un torchon et laisser lever pendant 2 h dans un endroit tiède. Préchauffer le four à 180 °C. Pendant ce temps, dorer la brioche et saupoudrer de sucre. Cuire au four pendant 1 h environ. Laisser refroidir.
- Si vous n’avez pas d’endroit tiède, préchauffez le four à 50 °C pendant 5 mn. Eteignez, et placez le saladier dans le four fermé.
- Pour vérifier que la brioche est cuite à l’intérieur, j’utilise le truc de Pascale : plonger le thermosonde au coeur de la brioche. Il doit afficher 93 °C. Imparable.
Vous pourrez également retrouver ma recette de galette des Rois à la lentille verte du Puy, à l’orange et à la vanille dans le prochain Sat’Info (6 janvier). Même que c’est pas une blague.
Je vous rassure, ce n’est pas le mien*. On me l’a prêté. Sa propriétaire déménage, et elle ne voulait pas le traumatiser. Il est donc sur mon plan de travail, entre le chauffe-biberon et le grille-pain. Il est gros. Il est lourd. Il prend beaucoup de place. Il fait beaucoup, beaucoup de bruit. Et surtout, il pétrit la pâte à pain comme personne (et surtout pas comme moi).
L’amie qui me l’a confié l’utilise surtout pour faire des brioches, il était donc temps que je profite de sa courte présence pour en faire quelques unes. J’adore les brioches, mais je n’ai jamais la patience de les faire moi-même avec mes petites menottes (toute cette pâte qui colle aux doigts… il faut vraiment que ce soit une galette à l’anis pour que je m’y attelle). Dans le temps, j’utilisais ma MAP. Maintenant, je me contente juste de ne plus pétrir et de me satisfaire d’un résultat approximatif.
Dans ma course à la brioche pour-profiter-du-gros-robot, je voulais à tout prix tester une recette de Sigrid qui me faisait de l’oeil depuis sa publication : une brioche à la courge, yum. Résultat succulent, ultra moelleux, délicatement épicé. Avec tout le beurre qu’il y a dedans, je n’en attendais pas moins, remarquez
Brioche à la courge et aux épices
Pour 1 grosse brioche
20 grammes de levure fraîche
240 grammes de purée de courge (Butternut pour moi)
450 grammes de farine de blé T65
60 grammes de sucre de canne brun
1 c. à café de sel
2 c. à café de cannelle ou mélange d’épices à pain d’épice (gingembre, anis, muscade…)
3 oeufs
225 grammes de beurre (la moitié en beurre demi-sel pour moi)
Pour dorer : lait ou oeuf
Délayer la levure dans 2 c. à soupe d’eau. Au robot mélangeur, battre la purée de courge avec 120 grammes de farine, le sucre, le sel et les épices pour obtenir un mélange homogène. Incorporer la levure, puis les oeufs un par un, puis 240 grammes de farine, puis le beurre coupé en morceaux, en mélangeant longuement pour obtenir un mélange bien homogène entre chaque ajout. Incorporer 90 grammes de farine pour terminer. Laisser le robot pétrir pendant quelques minutes. Couvrir le bol d’un torchon et laisser lever pendant 3 heures à température ambiante. Battre à nouveau et placer ensuite au réfrigérateur pour la nuit.
Le matin, sortir la pâte et la placer dans le moule de votre choix (prévoir grand). Couvrir d’un torchon et laisser lever pendant 1 à 3 heures.
Cuire à 180 °C pendant 45 minutes à 1 heure.
Suggestions d’amélioration : une ou deux cuillerées de mélasse ne nuiraient pas à l’affaire, me semble-t-il.
Un truc donné par Pascale :
Si vous avez un thermosonde de cuisson, vous pouvez le planter au cœur de la brioche pour savoir si elle est cuite : il doit afficher 93 °C.
* Vous avez remarqué combien le KitchenAid est tendance comme « cadeau des 30 ans » ? Je le précise pour mes proches qui liraient ce blog dans un moment d’égarement : mes 30 ans approchent, certes, mais ce billet n’était pas un appel : j’aimerais autant avoir un cadeau pour moi, pas pour mon plan de travail
Lorsque j’ai découvert Good to the grain, au printemps dernier (un livre en anglais écrit par Kimberley Boyce et entièrement consacré à l’utilisation des farines complètes en pâtisserie), deux recettes m’ont tout de suite tapé dans l’œil : celle des pancakes aux flocons d’avoine (c’est fait) et celle du pain de mie à la farine d’avoine. [Non, je ne suis pas une monomaniaque de l'avoine] [En fait, si]
La photo du pain de mie donnait incroyablement envie : on avait l’impression d’un pain de mie dense, moelleux mais avec de la tenue, parfumé mais suffisamment neutre pour servir de support pour du sucré comme pour du salé. Du vrai pain de mie complet, sans conservateur ni huile de palme, en gros. J’ai mis quelques mois avant de me lancer, et j’ai été très bête : le tout m’a pris à peine 10 minutes, et le résultat était vraiment à la hauteur de mes espérances. Je crois que je ne risque pas de racheter du pain de mie industriel de sitôt, bio ou pas !
La recette initiale requiert l’utilisation de beurre fondu, mais comme je n’en avais pas, je l’ai remplacé par de l’huile d’olive. Je ne sais pas quel aurait été le résultat avec du beurre, mais j’ai vraiment été conquise par celui obtenu avec l’huile. Je pense que le secret réside aussi dans l’utilisation de mélasse, qui n’apporte pas un goût vraiment sucré, mais beaucoup de saveur (et joue sur l’action de la levure de boulanger). Bref, voici une recette chaudement recommandée…
Pain de mie à la farine d’avoine
Pour 1 gros pain
1 sachet de levure de boulanger déshydratée
480 ml d’eau tiède
3 c. à soupe de mélasse
200 grammes de farine de blé T80
250 grammes de farine de blé T65
100 grammes de farine d’avoine
50 grammes d’huile d’olive
1 c. à soupe de sel
Verser la levure dans un saladier. Ajouter l’eau tout en délayant, puis la mélasse. Laisser reposer pendant 5 minutes.
Dans un grand saladier, verser les farines. Ajouter l’huile d’olive et émietter du bout des doigts. Verser le mélange à la levure et mélanger à l’aide d’une cuillère en bois. Couvrir le saladier d’un torchon et laisser reposer pendant 30 minutes.
Incorporer le sel, toujours en mélangeant à la cuillère en bois pendant 3 bonnes minutes. Laisser reposer pendant 1 heure.
Verser dans un grand moule à cake (ou deux petits – le mélange gonfle beaucoup et peut déborder, attention). Laisser reposer pendant 1 heure.
Cuire au four (préalablement préchauffé) à 230 °C pendant 40 minutes. Laisser refroidir avant de découper.
**
Je serai à Roanne ce weekend dans le cadre du Salon Roanne Table Ouverte, à côté de l’hôtel de ville, pour dédicacer mes livres. J’espère vous y rencontrer si vous habitez la région !
Le son d’avoine a beau être ultra tendance au point de se retrouver régulièrement en rupture de stock dans les magasins bio, c’est plus fort que moi : quand j’y pense, je revois le pain au son de ma grand-mère. Un tout petit pain pré-tranché, emballé dans un sac en plastique ultra fin et transparent. Posé au bout de la table de la cuisine, à côté d’une pile d’anciens numéros de La Vie Catholique. Pas très loin du yaourt qui attendait son heure sur le radiateur, pour ne pas prendre froid avec.
Est-ce que j’ai rêvé ? Est-ce que ce pain au son était vraiment là dans la réalité ou est-ce que mes souvenirs l’ont inventé ? Toujours est-il que j’avais bien en tête sa texture fibreuse mais douce, son côté rugueux mais addictif, et son goût de son, juste indescriptible.
Alors voilà, le son d’avoine est tendance. Ça nous rajeunit pas.
Pain au son d’avoine
Pour 1 pain
20 cl de lait de soja
1 sachet de poudre à lever
2 œufs
1/2 yaourt de soja
300 g de son d’avoine (vous pouvez remplacer une partie du son d’avoine par du son de blé)
1 c. à café de sel
Mélanger tous les ingrédients. Verser dans un moule à cake ou à manqué chemisé de papier cuisson. Enfourner pour 35 minutes environ à 220 °C, four préchauffé. Laisser refroidir.
Vous pouvez également le réaliser à la MAP, programme « pain complet rapide ».
Retrouvez cette recette et tout ce qu’il faut savoir sur le son d’avoine dans le dossier que j’ai réalisé pour Marmiton : clic.