Allons bon, un jeu concours… Voilà qui ne me ressemble pas, me direz-vous. En même temps, on parle cuisine ici au fil des mois et des années, et on en est même venus sur cette page à échanger quelques conseils de lectures plus ou moins éloignées de l’objet du débat. Alors pourquoi pas pousser le bouchon un peu plus loin, et vous proposer de plonger carrément dans la littérature rose bonbon ET culinaire avec moi ?

L’occasion, c’est Flammarion qui la crée en me proposant de vous faire gagner 5 exemplaires du dernier roman de Valérie Gans, Le chef est une femme. Dont je n’ai pas encore grand chose à vous dire. J’ai reçu le livre hier, et pas encore eu le temps de le lire. J’ai vérifié : à la fin, il y a des recettes. Sur la couverture, des artichauts et des cupcakes. Entre les deux, certainement assez de mots pour passer un très bon moment. Ce sera pour un dimanche après-midi pluvieux (ou quelques arrêts de tram, plus vraisemblablement). Si vous voulez en savoir plus, cliquez donc ici.
J’adore les romans qui mêlent cuisine, autobiographie et fiction. J’ai eu l’occasion d’en lire plusieurs, tous en anglais. A Homemade Life, de Molly Wizenberg et Gluten-free Girl, de Shauna Ahern, sont mes deux références : j’ai pris autant de plaisir à les lire qu’à en imaginer les saveurs. Vivement qu’on puisse en avoir des équivalents en français : des récits, plus ou moins autobiographiques, bien écrits, qui nous donnent aussitôt envie de plonger dans la recette qu’ils évoquent, de près ou de loin. C’est peut-être le cas de celui-ci. Et en tout cas ce n’est pas sans me rappeler une certaine tarte à la rhubarbe, dans je ne sais plus quelle aventure de la famille Malaussène… (Des Chrétiens et des Maures ?)
Bon, comment on va faire pour vous faire gagner tout ça ? Je vous propose de poster 1 commentaire. Sur ce vous voulez, on ne va pas être sectaire, mais disons que les conseils de lectures seront les bienvenus. Vous avez jusqu’à dimanche 20h – après, je tire au sort. Ça vous va ?
Je suis convaincue qu’il y a deux écoles du petit-déjeuner : celle qui consiste à manger tous les matins la même chose, et celle qui tend à varier, à déguster des gâteaux de la veille, ou des petites douceurs cuisinées exprès. Aussi étrange que cela puisse paraître, je me situe plutôt dans le premier camp : quand je tiens une routine, je ne la lâche pas. Jusqu’à ce que nécessité fasse loi et qu’une autre routine se mette en place. Cela dure, en général, quelques années…
Des exemples ? De 5 à 7 ans, j’ai eu une belle période « céréales » (oui, mettons des guillemets : on pourrait aussi appeler ça des biscuits industriels), avec une prédilection pour les Miel Pops et les Golden Grahams. De 7 à 10 ans, je dégustais consciencieusement 2 croissants industriels tartinés de St Morêt, accompagnés d’un verre de jus d’orange. Plus tard, j’ai tenté la crème Budwig, que j’ai laissée tomber car elle me semblait trop fastidieuse à préparer le matin-même. Pendant ma période japonaise, je me régalais d’un bol de riz avec un peu de salade émincée et une belle portion de natto (qui n’a rien à envier au St Morêt, finalement). Et en ce moment, c’est encore et toujours un bol de flocons d’avoine, mis à gonfler quelques minutes dans du lait de riz froid, et accompagnés d’un kiwi ou d’une tartine de pain.
Mais quand j’ai le temps, quand c’est fête, ou quand j’ai envie d’un bon bol de comfort food en rentrant de mon cours de yoga hebdomadaire, je fais ça un peu mieux, et je me prépare un véritable oatmeal à l’américaine. Avec la petite French touch qui change tout : une cuillerée de purée de noisette. Ajoutée au dernier moment, à peine mélangée… pour pouvoir, une fois de plus, garder le meilleur pour la fin.
Morning oatmeal
Par personne
1/3 ou 1/2 bol de petits flocons d’avoine (selon la taille du bol !)
La même quantité de lait de riz, d’amande ou de soja à vanille + un peu
1 c. à soupe de fruits secs au choix (raisins, cranberries, figues, amandes…)
1 c. à café de purée de noisette
Mettre les flocons et le même volume de lait dans une petite casserole. Couvrir et laisser chauffer sur feu doux pendant 10 mn. Tout le lait doit être absorbé. Ajouter alors un peu plus de lait, et mélanger. Incorporer les fruits secs, couvrir et laisser gonfler pendant 3 à 4 mn à couvert. Verser dans un bol. Incorporer la purée de noisette, mélanger un peu et déguster chaud.
C’est les vacances, chez moi, pas chez vous ? Du coup, je suis un peu en mode repos : pas trop de cuisine qui remue les méninges, plutôt des envies de choses simples. Un bon gros carrot cake représentant chez moi l’équivalent du brownie au chocolat chez d’autres : le gâteau évident quand on reçoit à l’heure du goûter. Ou que l’on a envie de comfort food dans l’heure et demie qui suit… Autant dire que j’en ai testé plus d’un. Généralement trop pleins d’huile à mon goût. J’avais fini par développer des alternatives carrées et portionnables ou à base de purée de dattes. Heureusement que j’ai fini par tomber sur cette recette : un peu modifiée, elle tient désormais lieu pour moi de « the » recette de carrot cake à garder précieusement, à faire et à refaire.
Petit rappel : je serai samedi à Grenoble de 15h à 16h à la Librairie Decitre (centre-ville) pour dédicacer ce que vous voudrez (même les nappes, je ne suis pas sectaire). Venez donc causer un peu !
Autre petite remarque au passage : l’envoi de la newsletter est momentanément suspendu, il n’est donc pas utile de vous inquiéter si vous ne recevez rien. En revanche, vous pouvez toujours me suivre sur Facebook, où je partage en direct tous mes coups de coeur (recettes, lectures) et où je réponds à vos commentaires.

Carrot cake aux amandes et aux noisettes
Recette inspirée du blog Du chant plein les casseroles
Pour 8 personnes
4 œufs
140 g de sucre blond ou roux
275 g de carottes (poids net)
150 g de poudre d’amande
50 g de poudre de noisette
30 g d’écorces d’orange, de citron et de gingembre confits
80 g de farine de blé T80
2 c. à café de poudre à lever
1 c. à café rase de cannelle en poudre
½ c. à café rase de gingembre en poudre
Séparer les blancs des jaunes d’œuf. Battre les jaunes avec le sucre jusqu’à ce que le mélange double de volume. Incorporer les poudres, les carottes râpées (crues), les écorces finement hachées, la farine, la poudre à lever et les épices. Monter les blancs en neige souple et incorporer délicatement au mélange. Verser dans un moule à cake ou à manqué (diamètre : 20 cm). Cuire à 180 °C pendant 45 à 50 mn. Laisser refroidir avant de démouler.
3 très bons prétextes pour faire ces muffins :
1°) Il y a de la pâte d’amande, là, qui traîne. Il faut l’écouler, sinon vous allez continuer à la tremper dans le café, et ça sent la mauvaise habitude à plein nez.
2°) Il y a des citrons, là, et ils vous font de l’œil. Vous n’en pouvez plus des recettes à l’orange (ni au potimarron, ni à la patate douce, d’ailleurs – passé le réveillon, tous ces trucs orange, c’est plus possible, pas vrai ?), et vous venez de terminer votre crumble au pomme #32 de l’année. Il vous faut du citronné-zingy-acidulé, et rien d’autre.
3°) Votre truc, c’est d’être toujours à la pointe de l’actualité, au top dans les conversations mondaines comme dans celles de la machine à café du boulot, bref, vous êtes déjà au courant de la news la plus brûlante du moment : il-fait-froid. Rendez-vous compte, on est en février et il fait froid. Tellement dingue qu’on est obligé de se réchauffer à grands coups de muffins. Dont la cuisson dure 15 mn, et permet ensuite de laisser la porte du four ouverte pour se frotter contre**.
Ces muffins au citron et à la pâte d’amande sont une variation autour des délicieux muffins citron et amande de ma copine Maya l’abeille. Ou encore une version citron et portionnée de ce somptueux gâteau à l’orange. Bref, c’est du citron avec de la pâte d’amande, et on se demande bien comment ça pourrait ne pas être à tomber par terre.

Muffins au citron et pâte d’amande
Pour 8-10 gros muffins
125 g de yaourt de brebis
100g de pâte d’amande*
1 citron
2 oeufs
2 c. à soupe d’huile d’olive
170 g de farine de blé T65
2 c. à café de poudre à lever
30 g de poudre d’amande
60 g de sucre de canne blond ou brun
2 c. à soupe d’écorces de citron confit coupées en dés
Mixer le yaourt avec la pâte d’amande émiettée, le zeste et le jus du citron. Battre avec les oeufs et l’huile. Dans un autre récipient, mélanger la farine, la poudre à lever, la poudre d’amande, le sucre et les dés de citron confit. Verser dans le mélange précédent, et mélanger rapidement. Préchauffer le four à 200 °C. Répartir l’appareil dans des moules à muffins. Cuire pendant 15 à 17 mn. Vérifier la cuisson de la pointe d’un couteau. Laisser au moins tiédir (sur une grille) avant de déguster…
* Elle doit être la plus moelleuse possible.
** Non, c’est pas du vécu.
Il est un peu en avance sur la saison, mais le petit dernier est annoncé pour vendredi 17 février dans toutes les bonnes librairies :

Vous êtes désormais bien placés pour le savoir : j’ai des addictions, et je les assume ! Après le citron, le potimarron et le flocon d’avoine, je thématise autour de la rhubarbe, ce légume si passe-partout qu’on le prend généralement pour un fruit. Or, en version légume, c’est drôlement bon aussi. Vous pourrez vérifier cela autour de 12 recettes sucrées comme salées :
• Dip acidulé à la rhubarbe
• Curry de rhubarbe et patates douces au lait de coco
• Tarte salée au chèvre et au romarin
• Chutney de rhubarbe et de framboise
• Smoothie de rhubarbe à la menthe et au lait d’amande
• Pannacotta et rhubarbe à l’anis
• Petite compote aux fruits confits et aux épices
• Trifle de rhubarbe au chocolat blanc
• Rhubarbe confite à l’orange, crumble aux épices
• Pudding comme une tarte à la rhubarbe
• Tarte à la rhubarbe et aux framboises
• Barres énergétiques rhubarbe, banane et cacao
Cet ouvrage fait partie des nouvelles sorties de la collection « Toqués du bio », relookés pour l’occasion, mais toujours au même (petit) prix.
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J’en profite pour ajouter que je serai à Grenoble, à la librairie Decitre, le samedi 25 février de 15h à 16h, pour dédicacer le petit dernier… et les autres !
Je n’ai jamais été une grande consommatrice de chutney. Il faut dire que l’une des meilleures destinations de ces bocaux de « confitures » aigre-douces se situe aux côtés d’une part de viande, bien souvent froide, et que l’association des deux ne m’a jamais franchement emballée. D’où des pots de chutney reçus en cadeau, finalement entamés, vaguement goûtés, avant d’être abandonnés à leur triste sort (quelques mois de séjour au fond du frigo, sans que leur qualité se dégrade et que personne ne s’y intéresse). Trop doucereux pour moi, les chutneys du commerce. Trop classiques, aussi.
Mais depuis quelque temps, je leur découvre un intérêt certain, pour deux raisons :
1°) j’ai dû me pencher sur leur cas pour mettre au point un chutney rhubarbe-framboise, que vous trouverez dans un petit livre dès la semaine prochaine (promis, je vous en reparle, euh… très vite). Et que ledit chutney est devenu une addiction sur des tartines de fromage frais.
2°) depuis Veggie, je fais de plus en plus souvent des burgers maison (avec une recette de petits pains qui dépote). Végétariens ou non, mais bien souvent avec du chutney dedans. A la mangue, à l’oignon, ou au kumquat – belle transition.
Enfin, un aveu : je n’ai pas pu résister à l’appel de mignons petits kumquats lors de ma dernière virée de courses hebdomadaires. J’en ai donc acheté une poignée, dans la vague idée de les confire et d’en faire un petit plat salé. Le chutney s’est avéré une destination encore plus simple, surtout dans cette version super express. C’est sucré, salé, amer et acidulé. Top dans les sandwichs au brebis frais – une suggestion parmi d’autres…

Chutney express de kumquat, gingembre et curcuma
Pour 1 petit pot
12-15 kumquats
1 oignon ou 3 échalotes
2 gousses d’ail
1 petit morceau de gingembre frais
1 petit morceau de curcuma frais* ou, à défaut, 1 c. à café de curcuma en poudre
100 ml de vinaigre de cidre
40 g de sucre de canne blond
Laver les kumquats. Couper en petits morceaux tout en ôtant les pépins. Placer dans une casserole. Ajouter l’oignon (ou les échalotes) émincé, les gousses d’ail pelées et pressées, le gingembre et le curcuma pelés et râpés, le vinaigre et le sucre. Cuire sans couvercle, sur feu assez vif, pendant 20 mn environ. Les kumquats doivent être tendres et le mélange doit napper la cuillère. Saler et poivrer. Mettre en pot et conserver au réfrigérateur.
Note : j’aime bien réaliser les chutneys en toute petite quantité, parce qu’on en consomme peu à la fois et qu’il est agréable de varier. Libre à vous de multiplier les quantités (et le temps de cuisson), puis de stériliser les pots.
J’ai conscience que cette recette est peu orthodoxe, car ne contenant pas de piment. Rajoutez-en si vous aimez !
*Le curcuma frais ressemble au gingembre, version orange pétard.
Bon, alors comme ça, c’est la chandeleur ? Pour la peine, je vous ai fait des crêpes. En fait, non. J’en ai fait plein, mais je ne vais pas vous les servir, parce qu’en la matière, j’ai une devise : plus c’est classique, meilleur c’est. J’ai une recette de pâte à crêpes très basique (de la farine, du lait, des oeufs), dont je ne déroge pas, parce que ça me va bien comme ça. Et, en bonne bretonne d’adoption (pendant 15 jours par an, ça compte, ça, non ?), j’ai testé moult garnitures originales au possible, pour en arriver à la conclusion suivante : en fait, plus c’est simple, meilleur c’est. Et le top, c’est juste avec une cuillerée de purée de noisette dedans. Donc : pas de recette de crêpes aujourd’hui, je suis sûre que vous n’en aurez pas besoin pour enchaîner les beurre-sucre et les jambon-fromage.
En revanche, une recette d’empanadas, pour la forme. Je ne suis pas certaine que le terme soit exact (mon mexicain n’est pas au niveau de mon allemand, qui lui-même n’a jamais été über gut), mais on dira que c’était mieux que « petits chaussons » (toujours utiliser des termes exotiques pour cacher la misère, ndlr). Tout simples, comme de bonnes crêpes. Vous pouvez les customiser à loisir, remplacer le seitan par du tofu ou du poulet. Les déguster chauds, tièdes, ou froids. Voyez comme on n’est pas pénible, par ici.

Empanadas au seitan
Pour 4 personnes
Pour la pâte :
200 g de farine de blé T80
80 g de purée de noix de cajou
Pour la farce :
2 oignons
1 c. à café d’huile d’olive
250 g de seitan
1/2 bouquet de persil
30 g de raisins secs
Préparer la pâte. Mélanger la farine avec une pincée de sel. Incorporer la purée de noix de cajou et 100 ml d’eau. Former une boule et abaisser finement. Découper 12 carrés. Peler et hacher les oignons. Faire revenir dans l’huile jusqu’à coloration. Ajouter le seitan coupé en petits dés, bien mélanger puis ôter du feu. Verser dans un saladier. Saler, poivrer. Incorporer le persil haché et les raisins secs. Farcir chaque carré de pâte en disposant de la garniture sur la moitié du carré et en repliant la partie libre pour former un chausson. Cuire pendant 30 mn à 180 °C. Déguster chaud ou froid.